L’Etat d’urgence va être prolongé, et se prolongera encore. La surveillance des populations n’est plus un mythe Orwellien depuis des années, et devient un souhait de ces mêmes populations avides de coupables, de solutions toutes prêtes, et d’Etat policier. Mais cela ne m’atteint pas. Cela ne m’inquiète pas. Je n’ai rien à cacher. Je n’ai rien à me reprocher !

Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est une défiance envers l’Elite Politique

A laquelle je ne crois pas. Que je pense corrompue. Que j’aime épingler à ma petite échelle. Que je ne respecte pas, ni dans mes textes, ni dans mes mails, ni dans les réseaux sociaux, ni dans mes conversations téléphoniques, et encore moins autour d’une bière. Je n’ai rien à me reprocher, puisque que la liberté d’expression m’autorise encore à critiquer ces gens…

Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est une défiance envers le système économique

Qui me semble nébuleux, crapuleux, jouant sans cesse avec les lois, qu’elles soient humaines ou morales. J’aime à partager les informations de coups fourrés que je peux glaner à leur sujet, pour alerter mes proches, et dénoncer ce que ces parrains new-age font subir aux populations du monde. J’aime signer des pétitions contre Monsanto, démontrant toute ma naïveté quant aux possibles changements. Je n’ai rien à me reprocher, puisqu’une nouvelle fois, la liberté d’expression m’y autorise…

Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est d’être Athée

Car je refuse d’être l’esclave d’un Maître, et qu’être celui d’un Dieu me paraît d’autant plus avilissant. Je refuse le mode d’emploi que les Religions tentent de nous imposer, car je n’ai besoin d’aucun tuto pour vivre, ou mourir. Je n’ai pas besoin de ces lois pour savoir ce qui est bien, ou ne l’est pas. Pas plus que je n’ai besoin d’un parole divine pour imaginer à quoi doit ressembler l’Amour, la vie, et la famille. Tout simplement parce que je sais qu’il n’y a aucune obligation. Je n’ai donc rien à me reprocher lorsque je demande à vivre comme une mécréante apostate, puisque le principe de laïcité et de liberté de conscience me le permettent…

Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est un amour des Droits de l’Homme

Qui ne sont désormais que des mots que l’on brandit encore pour faire croire qu’un jour, notre pays a tenté d’insuffler quelque chose de beau. Je crois toujours en les Droits de l’Homme, car c’est du bon sens, une idée merveilleuse que l’Humain peut être au centre de l’univers, sans avoir à graviter autour d’une idole quelconque. Un principe élémentaire d’une République qui veut garantir à tous une devise qui s’effrite sur nos écoles : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Je n’ai rien à me reprocher en défendant ces valeurs, puisqu’elles sont dans notre Constitution…

Je n’ai rien à me reprocher, si ce n’est une jouissance de la Liberté d’Expression

Dont j’use et j’abuse, sans me rendre compte de la chance extraordinaire dont je dispose. Pouvoir écrire mes opinions, surtout si elles sont contraires aux volontés de l’Etat, et à cette norme fasciste qui s’installe, est un privilège dans lequel je me vautre allégrement, espérant en profiter au maximum. Je n’ai donc rien à me reprocher, puisque nous sommes dans un pays qui permet cela…

Je n’ai rien à me reprocher, car tout ceci ne me concerne pas

Je ne suis pas Maghrébine. Je ne suis pas Musulmane. Je ne suis pas Terroriste. Je ne suis pas Militante Ecolo. Je ne suis pas Militante d’Extrême Gauche. Je ne suis pas la cible de l’Etat d’urgence. Pas du tout. Je n’ai donc pas à m’inquiéter. Je n’ai donc pas à être concernée. Je ne serai jamais visée. On ne me restreint pas mes libertés. On ne me menace pas. On ne m’asservit pas.

Jamais je n’aurai à me cacher. Jamais je n’aurai à avoir peur de cet Etat Policier.

Jamais on ne dira en France que nous sommes un pays Judéo-Chrétien, pas plus qu’on ne verra dans les mairies laïques des scènes de la nativité à Noël. Jamais on ne verra en France un retour du modèle familial archaïque. Jamais on ne verra en France une interdiction de la satire, ou de la caricature. Jamais on ne verra en France la possibilité d’exclure ses citoyens à cause de leur sang. Jamais on ne verra en France des journalistes condamnés pour avoir dit la vérité. Jamais on ne verra en France les valeurs Républicaines considérées comme du gauchisme d’extrême.

Non, jamais tout ceci ne se passera, car c’est impossible. L’Etat veille au grain, ils l’ont dit sur TF1.

On me protège. On me surveille, mais pour me protéger. Je n’ai rien à cacher. Je n’ai pas à avoir peur.

De toute façon, je ne suis pas basanée.