Il y a dix ans, je suis allée voir en avant-première l’épisode III, en accès VIP, persuadée que plus jamais il n’y aurait de StarWars, vu que Lucas promettait que jamais il ne recommencerait. C’était donc avec beaucoup d’émotion que j’apprenais qu’ils allaient finalement faire un épisode 7.

Changement de production, changement de réalisateur ; je trouvais cette direction intéressante. Après tout, nous avions tous – moi la première – tiré à vue sur Lucas à cause du massacre de sa propre histoire. Petit à petit, l’on nous tease les personnages. Grosse discussion  autour du sabre du vilain « Kylo Ren », et autour du Stormtrooper black. Perso, j’suis dubitative. La bande-annonce est jolie, mais elle ne sent pas StarWars. Mais, ce n’était qu’une bande-annonce, non ? Non. Voici ma critique, garantie sans aucun spoiler.

Un bon décollage, Chewie !

J’ai vu le film en 2D, ne pouvant tout simplement pas voir la 3D (défaut optique). De toute façon, je ne viens pas que pour les images. La première trilogie se passait de cette technologie et est – et restera – la meilleure. Le film commence, déjà, petit souci dans la salle : nous n’avons pas le son. Tout le monde gueule, décide de fermer les yeux, et je pars en courant aller trouver un technicien qui nous remettra ça.

Après ce pétard mouillé (car ils nous ont remis le film depuis le début), on peut commencer. Tout le monde applaudit dans la salle, comme dix ans auparavant.

Première scène, on rentre dedans. On découvre quatre protagonistes prometteurs. Le StormTrooper, un gars de la rébellion, le fameux droïde « BB-je-sais-plus-quoi » et… Kylo Ren, le mother killer Kylo Ren. Immédiatement, ce dernier personnage nous frappe par son charisme, sa voix, sa démarche, sa puissance, ses postures. Lancement réussi, on se détend, le film semble prendre une excellente direction.

Tenter une vitesse lumière sans hyperdrive, la grosse erreur de J.J.Abrams

On continue la découverte de ce nouvel univers, et de ses nouveaux personnages. L’on arrive sur une planète qui ressemble TRES FORTEMENT à Tatooine, mais qui n’est pas Tatooine (non, qu’on vous dit). Découverte d’un autre personnage : Rey, la fille-héroïne-TGCM.

Au début, ça va. C’est pas trop mal, on voit une vie grouillante, les images sont toujours aussi belles, la musique commence à me décevoir, mais cela reste cohérent. De l’humour, beaucoup d’humour, et des dialogues…

En fait, à partir d’un moment précis de l’histoire (soit au bout d’une quarantaine de minutes pour vous situer sans vous spoiler), je commence à comprendre ce qui me gêne : les dialogues sont nuls. Mais d’un nul objectif. Ils se teintent d’humour, beaucoup trop envahissant, potache, Disney pour moi, et finissent de plus en plus à plat. Finn, le stormtrooper, se transforme sous mes yeux en une sorte de Eddy Murphy de l’espace, et je me demande si le public visé est réellement moi, ou des personnes entre 15 et 20 ans.

A partir de là, je me suis ennuyée

Après avoir compris que je ne m’attachais pas aux personnages, que l’humour ne fonctionnait plus, et que les dialogues me faisaient lever les yeux au ciel toute les cinq minutes ; j’ai passé un très mauvais moment.

On enchaîne les fausses bonnes idées, les caméos ratés et bon enfant qui coupent toute dynamique. On pompe – AU PLAN PRES – des scènes de l’épisode IV sans jamais apporter une once de renouveau logique et cohérent (Vous comprendrez en voyant « Starkiller olol² »), on démontre qu’aucun personnage n’est attachant, on tue dans l’œuf le Kylo Ren qui se révèle être plus pathétique (et je pèse mes mots) qu’Anakin Skywalker quand il boude…

Et surtout : on fait n’importe quoi avec la force. Mais genre N’IMPORTE QUOI. J’peux pas vous en dire plus, mais après ce film, j’ai compris qu’en poussant très très fort, en y croyant très très fort, je pouvais me passer d’entraînement Jedi pour surpasser Darth Vader. J’déconne pas, c’est super facile la Force. Ca n’a jamais été aussi simple que dans la version de J.J.Abrams.

Dire qu’il existait un Code, des étapes, et des académies… Bande de pécores. Z’avez pas vu l’épisode VII !

Beaucoup d’écho dans cette salle

Etrangement, je ne suis pas la seule, je me tasse sur mon siège, regarde l’heure, et attend que ça passe, histoire d’en finir. Autour de moi, ça soupir pour les mêmes raisons. Ca rit, mais non plus aux blagues, mais aux incohérences. Et ça commence à bavarder.

A beaucoup bavarder. Je sens les plus vieux tiquer aux mêmes choses que moi. On remarque cette contre-façon, et on s’insurge. Tiens, cette scène est la même que l’épisode IV. Original… Tiens, ce twist n’a aucune saveur. Tiens, cette fin est tirée par les cheveux.

Dezoom légendaire sur la scène finale, générique, silence complet dans la salle. Il y a dix ans, les gens avaient applaudi, même s’ils n’avaient pas aimé beaucoup de choses. Là, nous sommes tous sonnés. Quand la lumière se rallume, on se regarde, perplexes, pas certains d’avoir vécu ce viol nécrophile.

On se sépare, vite, très vite, parce qu’il faut sortir de cette salle avant que l’on se mette, nous aussi, à faire des blagues Disney à chaque scène. Ca commence à critiquer, et pas qu’un peu. Les regards se croisent, les sourires aussi. Nous sommes navrés. Vraiment navrés de ce qu’il s’est passé.

J’finis par fumer une cigarette, en me disant qu’au moins, la bande-annonce de Warcraft était épique, et qu’elle m’avait fait frissonner.