Eh bonsoir ! Il est bien tôt, et pour les rares perdus qui me lisent, oui, je suis déjà à la maison. En vérité je suis dans une semaine de cinq jours de travail et je finis, de ce fait, à 15h50… (Notons que les semaines de quatre jours, je finis à 17h30). Donc oui, non contente de passer mes journées à lire d’autres blogs (celui d’aujourd’hui étant celui d’Atom qui est une vraie perle !), je finis très tôt pour un salaire pas trop dégueu. A se demander même à quoi je suis payée dans la mesure où, lorsque je ne dessine pas, n’écris pas, ou ne passe pas sur Vdm, je lis des articles.  

Au fait, ce que je n’avais pas dit à vrai dire, c’est que, du temps où ma plus grande passion était de tenter de m’ouvrir les veines à coups de fourchettes, je fûs sur cow à l’époque où c’était encore cowboys et non cowblog. Si si… Allez savoir pourquoi j’en ai pas gardé un. Avec le recul, je suis à la fois déçue et profondément soulagée de ne pas pouvoir relire les inepties que j’ai pu écrire me voyant (tout comme aujourd’hui) comme une artiste terriblement incomprise. Ceci était une petite explication pour dire que j’ai plutôt redécouvert le blog d’Atom avec un plaisir total, entre-coupé d’éclatements de rire au milieu d’un open-space où le sérieux et le professionnalisme règnent.

Je profite également de cette petite introduction totalement hors propos pour dire à mon cher Canard que je lui ai rendu hommage toute la journée quand, lorsque je transférais des appels aux collègues de services annexes, je commençais par ton « coin coin » légendaire. C’est officiel, grâce à ta rhétorique duvetée je ne suis plus une intérimaire de Noël, mais « une bonne barre à huit heures et demie du matin ».

Bien, revenons-en à notre simûlâcre d’article. Le titre en lui-même n’est pas une reprise bancale de Ma France malade bien que cela soit étroitement lié.
En fait, pour le petit « making-off » c’était durant la pause clope de 15h que m’est venue « cette envie » : Je fumais tranquillement en écoutant parler deux de mes collègues. Il s’avère que l’une d’elles a ce qu’on nomme « Maladie de Crohn« . Tout a commencé lorsqu’on ne l’a plus vue, apparemment, elle avait une sorte de gastro violente. Puis, l’un de nous a dit qu’elle était à l’hôpital pour cette merde. Moi, j’ignorrassais alors tout de cette saloperie. Je me renseigne, et découvre qu’il s’agit purement et simplement d’un bon « barrage en couille de l’intestin ». En gros, en simple, il rétrécie, il s’atrophie même, se fissure, peut avoir des lésions, peut toucher non plus qu’un segment (comme à l’origine) mais bien tout l’intestin et peut entraîner également des risques cancérigènes. Si, si… Malheureusement.
Cette horreur est plus qu’éprouvante pour le corps (et le moral), tant en matière de symptômes que le régime auquel le traitement est associé.

Donc, moi, je fume, tranquillement, restée pensive sur les derniers mots captés, par mon cerveau de moule en manque de marée haute, sur le blog d’Atom ; je fume donc, et les entends parler. La malade explique qu’elle doit se faire enlever un segment de l’intestin, qu’ils procèderont à une biopsie.  Je hausse le sourcil, elle, elle baisse son visage blafard rendu presque verdâtre par le manque de nourriture. Elle a peur, moi, je suis perdue. J’avais complètement oublié que, la malade, c’était elle. « Merde » me dis-je tandis que je lui lançais un fanfaron « bah, qu’est-ce que tu fous au taff alors toi ? »

Et là, ce n’est pas un visage blafard et résigné, mais une inquiétude totale que je vois dans son regard. « Je ne peux pas m’arrêter, nous ne nous en sortirons pas avec un seul salaire. » Qu’elle me dit. Moi, bêtement, jeune insouciante, je rétorque une phrase parlant de couverture sociale, d’arrêt maladie, d’indemnités… Des mots qui, bientôt je le crains, seront accueillis par les jeunes par un « C’est quoi une couverture sociale ? ».

Oui, c’est vrai… C’est quoi une couverture sociale ? Faisons un petit tour rapide du net (oui, comme toute pseudo-reporter de la cyber-toile, je ne jure que par le net en l’absence de l’encyclopédie en XX volumes de maman) : Lorsque j’ai tapé ces mots, google (notre ami à tous) me fait remonter plusieurs liens. J’en sélectionne quelques uns et vous les donne dans l’ordre qu’il m’a été remonté :

ameli.fr – l’Assurance Maladie en ligne
Portail du service public de la Sécurité sociale
Sécurité sociale en France – Wikipédia

Ameli est en premier lieu un prénom, très joli au demeurant. Il perd ici son « e », et donc, de sa douceur je trouve. Ca tombe bien, c’est l’assurance maladie en ligne. Assurance… Hmm… On regarde un peu le site, on se déplace… On voit deux ou trois choses et on comprend vite que UN : Ameli est le service en ligne de l’assurance maladie (service BIEN à part au final) et que DEUX Ameli concerne aussi les mutuelles et assurances publiques comme -par exemple- l’assurance de la police la « MGP ».

Mais alors, quelle différence y a-t-il avec le portail de la « Sécu » ?

Simple, Ameli fait partie de la Sécu. La couverture sociale… Comprenant donc, l’assurance maladie, les retraites, La caisse d’allocations familiales, la caisse d’allocations logement etc…

Le dernier lien, est un lien Wiki classique qui mêle cours d’Histoire à Economie en passant par Droit et informations diverses.

Donc, normalement, avec la base de ces trois liens, je peux tenir un article « médico-légal » sur l’état de la couverture sociale en France.

Flash back sur le rêve social  du Conseil national de la Résistance : Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. Plus précisément en 43. Le Conseil national de la Résistance qui réunit tant la presse, les syndicats ou même encore des membres de partis politiques, le tout en opposition totale au gouvernement de Vichy (vous savez… Travail, Famille, Patrie…), gère à la fois l’organisation de la Résistance que l’élaboration d’un « plan » d’un idéal sociétaire et démocratique. BREF, nous sommes au coeur de l’élaboration d’une utopie qui sera, pour la plupart de ses aspects, adoptée.

De 1945 (où le plan est mis en oeuvre par les ordonnances du 4 et 19 octobre), jusqu’en 1999, le plan global de la couverture sociale ne cesse d’être revu à la hausse. OUI, vous me lisez bien, à la HAUSSE. On étend les mesures, jusqu’au 28 juillet 1999 date de la mise en vigueur d’une loi visant à instaurer la « couverture maladie universelle » à savoir le droit à la couverture sociale se basant que sur la résidence en France, ainsi qu’une « couverture de base » pour les plus démunis.
Parallèlement, on notera qu’à mesure que les gouvernements étendent les champs d’actions de la protection sociale, les remboursements commencent à faiblir et ce dès les années 60. Par exemple, le remboursement des soins « courants » est passé petit à petit de 80 % à 65 %.

Alors qu’en outre-atlantique on nous envie notre « Sécu », à tel point qu’Obama bâtira une partie de sa campagne dessus, nous, de notre côté, on semble envier le modèle américain sous toutes ses formes : QI moyen, illettrisme, sur-consommation, augmentation de l’obésité, érotico-pornographie servie à toutes les sauces, pudibonderie et puritanisme grandissant, extrémisme grandissant, culte de la peur (quelle qu’en soit l’origine, le principe, c’est d’avoir peur) […] un modèle social inégalitaire et réservé à l’élite, etc…

Ainsi, lorsque je clique sur Ameli dans « qui sommes- nous » et plus particulièrement sur « la réforme », je peux lire en titres : « Comprendre la réforme de l’Assurance Maladie (Soigner mieux en dépensant mieux : c’est le sens de la loi de réforme de l’Assurance Maladie votée en août 2004.) » // « Acteur central du système de santé (Avec la réforme, l’Assurance Maladie voit ses compétences élargies.) » // « Des responsabilités renforcées (La réforme prévoit aussi une nouvelle organisation du pilotage de l’Assurance Maladie.) »

Les deux premiers liens datent de 2009, le dernier, 2011. La question est loin d’être récente et (je ne ferais aucun amalgame) est très loin d’être posée pour la première fois par ce gouvernement. Mais que voyons-nous ? Des titres forts qui nous prennent tour à tour pour des abrutis (« comprendre » pour ne pas dire « mais non, si tu manifeste, c’est que tu as mal compris ! ») voir même pour des clients avec des titres accrocheurs.
Les sous-titres sont eux aussi très habiles. Très commerciaux. On est en pleine « force de vente » là. Ce ne sont même plus des explications mais bels et bien des slogans de publicité… « Vendre » la couverture sociale…

JE NE VAIS PAS ENTRER DANS LE DETAIL DES REFORMES.

Le débat serait long, je risquerais de dire plus d’inepties que je ne l’ai déjà fait. J’aborde la question juste d’un point de vue « principes ».

Oui, par principe, le Conseil national de la Résistance voulait une protection pour tous. Oui, par principe, ce même conseil -qui comportait des membres éminents ayant participé à la Déclaration Universelle des droits de l’Homme ce 10 décembre 1948- qui s’était battu contre une France collaboratrice, une France fashiste, pour la liberté d’expression, de religion, de vie en général. Ce même conseil qui permettra plus tard aux politiques et aux professeurs d’Histoire d’abreuver la populace dès son plus jeune âge d’une image d’une France belle, libertaire, égalitaire et fraternitaire pendant la seconde guerre. Ce conseil, donc, voit l’un de ses rêves se déchirer, morceau par morceau, à chaque crise, à chaque gouvernement. Une utopie sacrifiée sur l’autel de la politique, du copinage financier des gouvernements, des arrangements et intérêts de la France avec des pays dictatoriaux (Gabon, Chine, Libye, Tchad etc…), sacrifiée par le besoin grandissant de pointer du doigts des « responsables » de la crise afin de détourner le regard du français moyen qui regarde TF1 des vrais coupables. Rassurez-vous Messieurs les politiques, le français moyen a assez « libéré du temps de cerveau humain disponible pour coca » et ne peut donc plus penser. Quant à ceux qui pensent encore, quoi qu’on leur serve comme boucherie de xénophobie, ils préfèreront faire une grève de la faim et d’en mourir plutôt que de voir la mort, justement, d’un pays qui a vu naître le siècle des lumières.

Lorsque l’on retourne sur Ameli, toujours dans « Qui sommes-nous ? », un encart à droite marqué « à noter » nous informe que : « L’État et la sécurité sociale lancent une nouvelle campagne de sensibilisation à la lutte contre la fraude. » Hmm, « En savoir plus…« , je clique en sachant très bien ce que je verrais.

On débute par l’introduction de la « campagne de sensibilisation aux fraudes ». On voit des dates, une gerbe de qualificatifs et d’explicatifs commerciaux et en bas, une petite phrase qui est loin d’être anodine : « Pour écouter les spots, connectez-vous sur le site du ministère du Budget « .
Rien ne vous choque ? Ce sont des spots pourtant traitant des fraudes concernant les aides et donc, devraient se trouver très probablement en lien sur le site du Ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale… Enfin, non ? Vous ne pensez pas ? Eh bien non, c’est le Budget qui les diffusent. Le Budget qui les financent d’ailleurs et qui, précisément, est, au final, l’instigateur de ces réformes et campagnes. Comment se nomme ce ministère déjà ? Ah, oui le « Ministère du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État ». Oh tiens, réforme et budget en même temps… Coïncidence ? Non, même pas, les réformes sont motivées non plus par des idées ou des utopies mais belles et bien par une volonté propre au Budget et aux Comptes publics (qui sont, avouons-le, devenus ces derniers temps mondiaux et sujets à spéculation même). On notera que, paradoxalement, le « Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie » exclue totalement les comptes publics. Bah oui, on fait des comptes, on quantifie et qualifie l’économie et les finances de françaises, MAIS, ne touchez surtout pas au personnel de l’Elysée, aux logements de fonction, aux déplacements privés en jet etc… !!

En clair, on fait des découpes dans les principes même de la société française en laissant un train de vie exemplaire à notre nouveau « Roi Soleil ». Une régression totale en somme de notre régime « démocratique ».

S’en suit, bien évidemment, d’explications sur ce qu’est un fraudeur, comment on les reconnait, qu’est-ce qu’il encours… Quelle belle explication donnée par le ministère ! Et l’explication donnée par Guéant ?

« Après avoir annoncé, vendredi 25 novembre, vouloir s’attaquer aux « faux » demandeurs d’asile (Le Monde du 26 novembre), le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a déclaré, dimanche, vouloir s’attaquer aux « fraudes sociales » imputables aux étrangers.
Interrogé sur Europe 1 lors de l’émission « Le Grand rendez-vous », en partenariat avec iTélé et Le Parisien, M. Guéant a annoncé son intention de « connecter », dès le 1er janvier 2012, « les fichiers des étrangers résidant en France et les fichiers de Sécurité sociale ». Une façon d’avoir « des moyens plus efficaces pour lutter contre ces fraudes spécifiques », a-t-il plaidé. » (extrait du Monde du 28/11)

Déplacement de Claude Guéant à Créteil par Ministere_interieur

Guéant : lutter contre la fraude des étrangers par Europe1fr

Là… Vous comprenez mieux maintenant ce qu’on explique au français moyen ? Vous y êtes ? Non, on ne va pas réduire les dépenses de l’Etat en arrêtant de fournir un train de vie royal à tous les élus. Non, on ne va pas réduire les dépenses de l’Etat en arrêtant de sur-financer des programmes militaires et d’armement (oui, je sais, c’est à double tranchant ma position, mais j’assume).

NON ! On va dire que c’est de la faute des étrangers, on va faire des coupes dans le paysage protectionniste de la France, on va continuer de faire des contrats juteux avec des dictatures en se congratulant et se torchant au passage avec la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (pour ne citer que cela). On va tout faire pour que, comme cet après-midi à 15h, une femme qui est assez gravement malade me réponde qu’elle est OBLIGEE de venir travailler à moitié morte sinon, un risque de cancer serait le dernier de ses soucis…

Tout ça pour que, comme aux USA, être malade sera également un privilège de riches.