Copie brute d’un texte rédigé le 15 mai 2012

Aujourd’hui mes loulous, on va s’intéresser à un sujet plus que préoccupant : La montée de l’extrémisme en France. Nous le savons, nous l’avons vu, le FN a fait près de 18% au premier tour dernier. Tout le monde en parle, le FN rassemble les français… (Au passage, le Front de gauche a fait un très bon score aussi, donc, quel que soit le bord, les français veulent de l’extrême, c’est SUPER rassurant dites-moi !)

Mais plus précisément, nous nous intéresseront à ce que l’on m’a dit une fois « Le FN est le premier parti politique des jeunes ». Sur le moment, très honnêtement, j’ai dit que c’était réellement impossible ! Après tout, le jeune, c’est quoi ? On a tous l’image du jeune étudiant, issu de la classe moyenne. Le jeune a les cheveux longs ou mi-longs, il les coiffe rarement. Lejeune est engagé écologiquement, politiquement (et à gauche), il est pour le social (assistés !), il est pour l’égalité (la France aux français !), il est pour la légalisation du canabis (Petits drogués sodomites !), du mariage gay (Je l’avais dit, bande de sodomites !), de l’adoption pour les gays (Dépravés, les enfants adoptés par les gays deviennent gays aussi c’est prouvé !), il est pour le droit à l’avortement (bande de salopes !) et les libertés individuelles (et puis quoi encore ?!?)

Le jeune, il a les yeux dans le vague, il parle en souriant à moitié avec la voix de Doc Gyneco. Le jeune est de toutes les batailles, même celles qui ne le concernent pas ! Il fait grève pour sécher les cours, il fait des blocus en demandant plus de libertés, il va dans des manifs en gueulant que les politiques sont des fascistes ! Le jeune vote à gauche ! Il écoute les Béruriers noirs et Trust ! Le jeune crois que Che Guevarra est un héro ! Le jeune sait expliquer rapidement pourquoi le communisme c’est mieux, et pourquoi le capitalisme c’est mal !

Le jeune… Ah… Non, ça, c’était avant, et vous allez le découvrir avec moi : Dans cet article, je vais parler de l’émission du 14 avril 2012 de « Question de Génération » diffusée sur France 4. L’invité est cette-fois-ci Jean-Luc Mélanchon. Le principe est simple, un débat, des jeunes, et des invités. Je vais vous accompagner à mesure du visionnage de la deuxième partie de l’émission (celle avec JLM) mais vous trouverez en fin d’article les liens concernant les vidéos.

Débat : « La France est-elle un pays d’assisté ? »

La voix-off titre « C’est une affaire entendue, la France est un pays d’assistés, le français attend tout de l’Etat-Providence, sorte de distributeur automatique d’aides […] Le riche a son bouclier fiscal, les entreprises se goinfrent 65 milliards d’aides en tout genre, les restaurateurs ont leur baisse de la TVA, les intermittents du spectacle vivent aux frais de la princesse ; mais le pire du PIRE, le parasite SUPREME, c’est le PAUVRE vautré dans l’assistanat : RAS, ASS, ALLOC, APL, CMU ; le pauvre en France est gâté, même plus besoin de bosser. Et si on arrêtait les clichés ? Contrairement à la légende, les minimas sociaux sont plus faibles que la moyenne européenne. Ils représentent 40% du revenu médian, alors qu’en Angleterre ou aux Pays-Bas, c’est 70%. […] Petit voyage au pays des profiteurs et des glandeurs. »

Le documentaire filme donc une agence Pôle-Emploi d’une ville de France, agence remplie de « profiteurs » et interroge un de ces parasites. La femme interviewée explique que cela fait trois heures et demie qu’elle attend. Certes, mais elle attend quoi ? De passer à un autre guichet. Le reportage nous propose, pour comprendre à qui vont les aides, « six portraits express » :

1- Une femme, « d’apparence musulmane » comme l’aurait dit notre ex-président, explique qu’elle ne touche que les allocations familiales et le chômage. Elle est mariée, a six enfants, son mari travaille à mi-temps et gagne 600€ par mois, avec les aides de 1300€ ils touchent en tout 1900€, leur loyer est de 600€ ; alors pour huit personnes, ils doivent vivre avec 1300€ par mois.

Évidemment, c’est un cliché du cliché, n’importe qui dirait que c’est « pas mal 1300€ » par mois. Puis, bon, elle est au chômage, puis bon, elle a six enfants, puis bon, c’est une immigrée hein, faut pas déconner. Ok, mais zoomons ne serait-ce que sur ce qu’il leur reste après avoir payé leur loyer…  Huit personnes à faire manger. Aujourd’hui, à deux, pour manger équilibré pour une semaine, votre panier varie entre 50€ et 70€. Multipliez-le par 4 pour avoir le nombre de personne puis ensuite par 4 pour avoir par mois ce que cette famille dépense en bouffe. (Bien évidemment, nous prenons le partis de considérer qu’il n’y a pas de bébé, parce qu’à ce stade, le bébé, on le congèle pour le manger plus tard. Au prix où sont les couches et le lait en poudre…). Donc on va être gentil (50×4)x4 = 800€. Donc, 1300-800 = 500 €

Bien, maintenant, ajoutez : L’assurance logement + Soit : L’abonnement aux transports en commun, soit l’assurance voiture + l’essence + Le/les abonnements portables (on en comptera deux au minimum) + la télévision/internet/donc box + les fringues pour les enfants + les affaires scolaires des enfants. Aller, on va s’arrêter et on va estimer à la louche (une grosse louche) combien ça ferait en moyenne :

Cas sans voiture (et donc le moins cher) dans l’ordre des citations : 20€ (par mois) + Forfait navigo (elle est en région parisienne) le moins cher (car je ne sais pas où elle est) 52,60€ (par mois en forfait à l’année, moins cher) + 22€x2 = 44€ (deux forfaits basiques de téléphonie mobile) + 40€ (en moyenne pour une box) + 40×6=240€ (on part du principe qu’en moyenne, si on doit en faire une, elle dépense 40€ par mois par enfant, mais c’est une minuscule moyenne comprenant les fois où elle ne prend rien) + 10×6=60€ (Idem, on ne renouvelle pas non plus TOUT le matos pour l’école) Soit un total de :20+52,60+44+40+240+60= 456,6€ par mois.

Vous voyez, c’est pas terrible, et nous savons que j’ai compté le plus, plus, plus bas, le strict nécessaire. Bref, que même en réduisant au possible, nous pouvons en déduire raisonnablement que cette famille est SYSTEMATIQUEMENT à découvert. Et ce, même grâce aux aides. Et avec ça, ils n’ont pas de loisirs hein. Donc, même avec les aides, ils ne bouclent pas leur mois. Et ceci est très important pour la suite de notre article.

Bien, ceci étant dit, nous ne feront pas la même étude pour chaque cas, on va se contenter de citer ce que l’émission nous montre, et, à partir du premier cas, vous travaillerez vos méninges.

2 – Un homme, marié, les deux ne travaillent pas. Ils n’ont que le RAS couple et les APL, soit un total de 850€ d’aides. Un loyer de 400€ (dans la région parisienne, je me demande dans quoi ils habitent…), reste pour le mois 450€. Moins la bouffe (équilibrée, j’entends) 50×4=200€… Etc etc…

3 – Une jeune femme est là pour son allocation logement, elle est infirmière étudiante (et « d’apparence catholique ») donc on est loin de la « feignasse à balancer par des bateaux sans fond » hein ! Elle gagne 500€ par mois de son salaire (stages et vacations) elle touche l’aide au logement de 200€ et son loyer et de 500€. Reste donc pour vivre 200€ auquel vous enlevez la moitié pour manger… Et n’oubliez pas les frais de déplacement, etc etc…

4 – Un homme, marié, deux enfants, lui travaille, elle non. Il gagne 1100€ par mois, il perçoit 600€ d’aides, et son loyer est de 500€. Reste pour vivre, à quatre 1200€.

5 – Une femme est interviewée elle commence par dire qu’elle est en train de TOUT résilier : mutuelle (important), opérateurs de téléphonie etc. Elle explique que même 25€ par mois, elle ne peut plus. Elle est chômeuse, célibataire, elle vit chez ses parents, ne touche que 400€ d’aides, il y a elle, deux enfants de plus de seize ans, la mère et le père qui touche une retraite. Et il leur reste pour vivre, à cinq… 1200€. « Je suis encore chez mes parents et je contribue un petit peu… Je… Je fais des courses et voilà… »

6 – Une femme d’une cinquantaine d’années, elle a une fille de 14 ans et explique qu’elle ne touche plus rien depuis quatre mois. Elle gagne 0€, touche 0€ d’aides et a un loyer de 680€. Reste pour vivre à deux : « J’ai mangé toutes mes petites économies que j’avais mises de côté pour pouvoir manger et ne pas devoir quoi que se soit à qui que se soit, jusqu’à présent. […] Tout ce que j’avais mis de côté dans ma vie à travailler, en quatre mois tout est partit, vous savez, c’est vite fait. Maintenant que je n’ai plus rien… Je… Je ne sais pas… Je n’sais pas ! […] C’est des choses qui arrivent [sanglots]… C’est la déprime quoi, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise… On ne sort plus de chez soit, on s’isole, c’est comme ça qu’ils font les autres, c’est ça la vie. On ne peut pas se dire qu’on a tout. Rien n’est acquis dans cette vie. Moi ça m’est égal, mais c’est pour ma fille de quatorze ans que ça me fait mal au coeur. Le reste… C’est pas grave. Si j’étais encore en forme… Vous savez j’ai toujours travaillé, j’ai travaillé jusqu’à 20h par jour, en dormant 2 heures par jour pour subvenir aux besoins de mes enfants pour qu’ils ne manquent jamais de rien ; enfin, le principal : la nourriture, un toit… Mais là, vu que je ne peux plus rien faire, c’est difficile, hein. »

Après ce passage, le documentaire s’arrête et on retourne au plateau. Après avoir fait un petit tour du côté des assistés qui, et le calcul est vite fait, qu’ils travaillent ou non, qu’ils aient travaillés ou non, sans les aides, crèveraient comme des rats. Nous allons entendre ce qu’une partie de la jeunesse d’aujourd’hui en pense. Et ce n’est pas le débat en lui-même qui nous intéresse, non, aujourd’hui, nous parlerons de ce que les jeunes de maintenant, et les adultes de demain (ceux qui nous gouverneront, ceux qui voteront, ceux qui seront nos managers, ceux qui seront nos journalistes, nos humoristes, nos médecins, nos voisins, peut-être même notre famille etc) pensent de ce débat.

Une jeune femme prend la parole en disant « Tout d’abord, je ne traiterais pas des cas extrêmes -étudiants, six enfants etc-, cependant, il y a toute une autre partie de la population qui a tendance à se laisser porter par celle-ci [ndla : la société, j’imagine], je ne reviendrai pas sur toutes les aides que nous a présenté le reportage ; il y a aussi le cas, et c’est courant, on le voit sur les forums, internet et tous les jours, de gens qui, sans travailler, arrivent à toucher 60-70%, entre 50 et 70% de leur salaire, et qui du coup n’ont pas envie de retourner travailler, de faire un job qui leur plaît pas. Et moi, c’que j’voudrais vous d’mander, c’est si vous n’avez pas l’impression que toutes ces prestations sociales, quand elles ne sont pas forcément nécessaires, n’ont pas tendance à dévaloriser le travail. »

Tout d’abord, apparemment, être étudiant est un cas extrême. Je connais donc beaucoup d’extrémistes autour de moi, les étudiants représentent en moyenne entre 5 et 9% de la population d’une ville… Aujourd’hui, on compte à peu près 7% de la population en études supérieures à échelle nationale. Ce qui représente 2 316 000 étudiants en 2009 dans le supérieur. Uniquement dans le supérieur ! Pour des cas extrêmes, j’avoue qu’ils sont nombreux. Ensuite, elle nous explique que le cas (le plus répandu) d’assistanat se vérifie où ? Sur les forums, sur internet et « tous les jours ». La jeune femme ne cite pas de chiffres, elle ne cite pas d’études, elle cite quoi ? Internet, soit tout simplement le ressentis des gens avec qui elle parle. Le ressentis. Elle fonde son opinion sur du ressentis.

Après, elle explique que les gens touchent une partie de leur salaire avec les aides et que, du coup, ils ne veulent plus travailler… C’est vrai que quand on touche en 600 et 900€ par mois… On a pas envie de travailler. Les aides ne sont pas « forcément nécessaires ». Quel est l’exemple où elles n’étaient pas vitales ? Et en quoi les aides dévalorisent le travail ? Parce que sans les aides, les gens travailleraient plus ? Dans l’idée, c’est un concept intéressant, mais voyons comment ce débat sera développé :

Mélanchon répond qu’il « y a toujours eu des tires au flanc », mais qu’il ne s’agit pas de ça précisément. Qu’il y a x pauvres et x personnes au chômage. Un jeune l’interrompt et demande « il y a combien de glandeurs ? […] J’ai l’impression que les glandeurs c’est une minorité pour vous. J’ai l’impression que pour vous, c’est 0,1% de la population de glandeurs et que tous les autres essayent de s’en sortir vraiment, vraiment ! […] Mais c’est juste pas possible, pour moi c’est 99% qui sont des glandeurs et 1% qui essaye de travailler ! »

_ Pourquoi pas, mais vous allez nous le démontrer.

_ Comment démontrer ça ? C’est des chiffres, répond le jeune homme.

_ Votre impression n’a aucun intérêt, c’est comme la mienne, l’impression que vous donnez n’a aucun intérêt, ce qui compte, c’est ce sur quoi on fonde nos raisonnements […] si je suis votre raisonnement […] hop, on supprime tout !

_ Et… Comment ils font les américains, ils ont rien ! Et pourtant ils bossent dix fois plus que nous, et sont plus heureux que nous, qu’est-ce que vous dites là ?

_ Je dirais même, comment font les chinois ? Ajoute un autre jeune.

_ Pardon ?

_ Comment font les chinois à quatre-vingts heures par semaines ? Continue le jeune aux lunettes.

_ Exactement ! Surenchéris le premier jeune à la coupe nickelle.

_ Comment font les chinois ? Comment font les indiens ? Ils meurent de faim eux-aussi !

_ Bah t’as qu’à travailler comme un chinois, rétorque un jeune du fond.

[Gros cafouillage, on a du mal à comprendre qui dit quoi]

Le présentateur recentre, dit qu’effectivement, les américains n’ont pas du tout le même système que nous etc. Mélanchon explique à ce moment là que l’exemple des autres, pour lui, ne l’intéresse pas, il s’intéresse à son pays. « On peut décider de tout supprimer […] si les gens qui pensent comme vous arrivent au pouvoir, c’est ce qui se décidera, en attendant, c’est pas ce qu’on a décidé. On a décidé de faire une République et on part de l’idée qu’on a tous des droits égaux. » Un (ou deux ?) jeunes soufflent « Ça n’a rien à voir avec les droits égaux ! »

Mélanchon poursuit « Quand bien ce que vous dites serait vrai, pourquoi voudrions-nous vivre comme eux ? ». Un jeune rétorque « Parce qu’ils sont plus heureux ! C’est pas ça qu’on cherche ? »

Alors prenons du recul. Nous voyons qu’au départ, « l’argumentation » du garçon est de dire « il me semble que, j’ai l’impression que ». Au moment où le politicien explique que les débats ne sont pas une affaire d’impressions, le jeune bafouille et fonce droit sur « l’exemple » américain, expliquant même plus tard qu’ils sont « plus heureux » (Ndla : Ah ? Moore aurait été là, il en aurait crevé de rire !), l’un cite même une dictature, la Chine ! C’est vrai ? Comment font les chinois ? Mais l’heure n’est pas encore à l’analyse de leur « analyse documentée de jeunes si bien renseignés » :

_ […] Nous sommes plus performants […] notre système scolaire est plus performants.

_ Plus performants ? Ricane le jeune, Mais pas du tout ! Les jeunes qui sont au collège, les gens ne font plus rien ! Si ! Ya toujours une tête de classe genre trois qui essayent vraiment de s’en sortir et qui essayent de bosser. […] Mais toute la majorité de la classe, quand même, ne fait rien ! Alors qu’est-ce que vous dites ? Là-bas, qu’est-ce qu’ils cherchent ? C’est s’en sortir ! C’est socialement de monter dans la société ! Ici, on a une culture c’est : moins j’en fou, plus je gueule !

_ Là, c’est le café du commerce que vous me faites […] on est chez Bidule avec des « ouaiiiis, ils foutent rien », c’est sympa, mais ça n’a aucune valeur statistique ! […] Nous sortons dix fois plus d’ingénieurs […] que les USA.

_ Attendez, les USA, leurs ingénieurs, ils sortent du MIT ! (Ndla : c’est la meilleure université mondiale pour les sciences et les technologies, mais ce n’est qu’UNE université, tous les ingénieurs n’en sortent pas.) Leurs ingénieurs c’est des vrais ingénieurs, nos ingénieurs ils sortent d’écoles de merde !

Là encore, le système américain le fait rêver. Rappelons tout de même que le jeune homme est étudiant français en France, dans une de nos universités merdiques et qu’il va devenir un de ces « faux ingénieurs ». Cotisons-nous pour qu’il aille faire ses études aux USA sinon le pauvre, il ne sera qu’une merde. Bref ! Le système d’éducation américain le fait bander… J’avoue que les interviews des américains ne sachant pas répondre à la question : « Où se situe Paris (ils le mettent à Bordeaux souvent) » ou encore « Combien de côtés a un triangle »  et j’en ai d’autres ici. Me font bien rire… Pour les meilleurs au monde…

Mais revenons à la discussion :

J.L.Mélanchon demande, si nous sommes si « à chier que ça » pourquoi sommes-nous les salariés les plus productifs au monde. Le jeune lui demande d’où il sort ces infos… « Mais ce sont les statistiques de l’OCDE mon brave ! » (Ndla :Voir ici par exemple un article à ce sujet.) Forcément, quand on entre dans un débat, c’est mieux d’avoir lu son sujet avant. Même TF1 en parlait, et ça, TF1, ça m’a l’air d’être à la portée du p’tit gars !

Le jeune aux lunettes qui citait la Chine en exemple dit que « C’est une démagogie ce que vous nous dites […] le travail n’a rien à voir avec l’éducation […] »

Ah bon ? J’ignorais que pour travailler on pouvait se passer de diplômes et donc d’Education. Selon lui, le système d’Education Nationale français est même très bon. Pour une fois qu’il avait l’occasion de critiquer un sujet qui LA mérite de l’attention, non, pour lui, rien à redire. Il explique même que le système des prépas est élitiste. Certes, mais tous les ingénieurs n’ont pas fait de prépas… Je dis ça, je dis rien après hein !

Il termine sur les 35h, avec un discours qui frelate le brief d’avant l’émission par des partis politiques, et explique que nous ne pouvons pas être compétitifs face (notamment) aux pays émergents (dictatoriaux, rappelons-le svp !)

[Grosse ellipse, je vais pas faire TOUT le documentaire non plus car nous nous intéressons surtout à l’avis des jeunes d’aujourd’hui]

L’émission part à Dijon avec un principe que j’ai trouvé, énorme : On dit une information totalement fausse en rapport avec le sujet et on écoute les réactions.

INTOX : « Le gouvernement veut réduire les indemnités chômage pour booster un peu ces feignasses de chômeurs. »

Réactions :

1) « Complètement d’accord […] j’estime qu’on a pas à vivre aux crochets de la société quoi. »

2) « Heu… Moi j’ai pas l’impression -en tout cas dans mon entourage- que les gens soient des feignants, donc c’est pas non plus la peine de leur baisser les indemnités pour leur dire « bon maintenant les cocos faut y aller » quoi »

3) « Faut voir aussi quoi, ya, les chômeurs qui cherchent, et les autres. J’pense qu’il y en a aussi beaucoup qui ne font rien, qui se reposent sur ce qu’ils peuvent toucher au chômage parce qu’ils ne vont pas forcément toucher mieux en travaillant* et j’pense que si on limite les indemnités ça les forcera à bouger. »

4) « Bien sûr qu’il y en a qui ne bossent pas parce que c’est des feignants, bien sûr ! Mais généraliser ça aux trois ou quatre millions de chômeurs* qu’il y a en France, j’pense que ça serait stupide. »

5) « Je suis plutôt d’accord car yen a peut être qui profitent aussi du système […] mais si ça peut favoriser l’emploi en tout cas et le retour à l’emploi, pourquoi pas. Et quand on cherche on trouve, j’pense*. »

J’ai distillé trois astérisques volontairement pour revenir sur certains points. Premièrement, la personne numéro trois nous dit que les gens n’ont pas envie de travailler car ils ne toucheraient pas forcément « mieux »… C’est vrai que c’est être feignants que de se dire : « J’ai le choix, ou je bosse de 8h à 18h pour -mettons- 1000€ par mois, ou je reste à la maison, je m’occupe de mes gosses, je vais au ciné, bref, je fais des activités pour ces même 1000€. » La jeune femme dit ici quelque chose d’extrêmement important, de crucial même ! Nous savons qu’avec le SMIC il est -très- difficile de vivre. Elle pose, sans le savoir, la question de « qu’en est-il de nos salaires ? ». En expliquant que les chômeurs sont des assistés, elle dit très clairement que travailler, ou non, ne change rien aux revenus. Et ça, c’est normal ? Qui serait à blâmer de choisir de ne rien faire pour le même salaire qu’en se levant tôt, se tapant des collègues et des patrons insupportables, des clients déprimants, un travail tout sauf valorisant et répétitif ? Ce qui est intéressant à se dire, c’est que la jeune femme n’a probablement JAMAIS travaillé de sa vie pour se nourrir et se loger. Le plus qu’elle a dû faire ce sont des petits boulots qui sont de l’argent de poche quand on vit encore chez papa et maman !

Ensuite, on a un jeune qui pense que les généralités sont mauvaises, il est le seul à parler de chiffres et à ne pas être aussi extrême dans ses propos, bien au contraire. Alors, est-il dans le vrai ou non ? En janvier 2012, le nombre de chômeurs s’élève à 2,8 millions. Soit presque 3. Il n’était pas loin le garçon… Et tiens, c’est étrange, il avait la connaissance ET était plutôt « cool » dans sa vision des choses… Étrange quand on voit les jeunes du plateau qui s’insurgent sans jamais citer quoi que se soit !

Et enfin le dernier nous dit : « Quand on cherche, on trouve ! »

On retourne sur le plateau et Mélanchon le dit très bien « C’est une illusion […] c’est pas que les gens ne veulent pas travailler, c’est qu’il n’y a pas de travail.[…] Après il faut voir l’adéquation entre le savoir faire et le travail offert. »

Je confirme, pour ma part, j’ai fini ma dernière mission début mai, depuis, je suis au chômage (et non, je n’ai pas encore fait ma demande d’aides, je ne suis pas certaine de la toucher). Je cherche du boulot dans ma ville (je n’ai pas le permis). Mes qualifications ? Un Bac STGC et un très bon CV notifiant des expériences en intérim’ dans le domaine de l’accueil et la gestion de conflits, réception d’appels etc. Quand je suis arrivée à Aix en janvier. Je devais recommencer depuis le début : c’est à dire draguer de nouveau les agences d’intérim’ pour qui j’étais inconnue puisqu’ayant certes travaillée avec la société, mais jamais avec l’agence locale. Donc, me faire connaître. Que cela soit Randstaad, Manpower ou Adecco, je n’ai pas cessé de crouler sous les offres, en janvier, à l’époque où les entreprises cherchent. Maintenant, je les appelle, ils me disent qu’ils n’ont rien. Alors je regarde. En effet, il n’ont rien dans ma branche et lorsque c’est dans ma branche, ils demandent Bac+3 minimum. Difficile de rivaliser. La jeune fille du plateau dit qu’il faut savoir s’adapter. Mais je n’ai pas la prétention de pouvoir postuler à un poste d’infirmière, ni d’informaticienne… Alors que faire ? Reprendre les études ? Bien, comment faire lorsqu’on ne peut les financer et qu’à côté faut pouvoir manger ? Comment faire lorsqu’on ne peut pas y être accepté ? Parce que ça aussi c’est une réalité ! Recommencer tout depuis le début ? Avec un BEP/CAP puis un BacPro ? C’est une possibilité, une possibilité que j’envisage sérieusement. Est-ce ça, s’adapter ? Tout reprendre, perdre deux ans en tout (oui car j’ai déjà le Bac donc je peux aller plus vite) pour après espérer pouvoir vivre ? Mais ce ne sont pas des questions qu’elle se pose elle ! Elle ? Elle a papa-maman derrière !

Le présentateur interroge un jeune pour lui demander ce qu’il pense de tout ceci et il répond : « Je suis super choqué, on a l’impression que les aides en France, c’est pas normal, qu’on devrait tout retirer, moi je viens d’un milieu pauvre, ça va faire 19 ans qu’on demande un trois pièces, j’pense que si on était dans un pays d’assistés, j’aurais déjà eu mon trois pièces depuis longtemps et je serais pas dans un deux pièces quoi.[…] J’ai l’impression d’être à un réunion du MEDEF ou du FN […] »

Le premier jeune répond : « Ouais mais il y a toujours des extrêmes (Ndla : ?!?!?) », nan, mais vous voulez des chiffres ? […] Par rapport aux nombre de gens qui regardent la télé (Ndla : WTF ?) entre 9h et 11h du soir, je sais pas, ya peut être entre 30 et 40 millions de gens qui font ça (Ndla : Nous sommes à peu près 65 millions en France en moyenne, et 98% de la population ont la télévision…) Ces gens là, ils font quoi ? Pourquoi ils regardent la télé à neuf heure du soir ? Qu’est-ce qu’ils ont besoin de regarder cette télé ? C’est ça ! Ça vient de là, pourquoi ya autant de gens qui regardent la télé, c’est quand même des gens qui font rien, mais moi le premier parfois aussi (Ndla : Ou qui participent à des émissions…) […] Mais ça c’est un réflexe de français ! […] » Un autre l’interrompt et réplique « Les américains regardent plus la télé, donc c’est con c’que tu dis, excuse-moi ! »

Mélanchon demande « Vous voudriez qu’ils fassent quoi ? Qu’ils travaillent la nuit ? » « Mais pourquoi ils ne pourraient pas travailler ? » demande le jeune stupidement.

Bien, il nous a donné des chiffres et nous cite la télé, on ne comprend pas le rapport, manifestement, et J.L l’a compris, pour ce jeune, il faudrait travailler la journée ET le soir ! Le problème des feignants c’est qu’ils refusent de travailler huit heures la journée et huit heures la nuit ! C’est vrai quoi à la fin ! Pourquoi s’autoriser un film le soir après le boulot ? Pourquoi ne pas se priver du rare moment de détente après les courses, le ménage, le enfants, les devoirs des enfants, la bouffe et j’en passe ? Depuis quand un travailleur a le droit à du temps de repos ? Qui a été assez con pour décréter qu’il fallait se reposer ?

Après, le jeune nous explique qu’il avait une amie à NY qui cumulait trois boulots (Ndla : Pourquoi était-elle obligée de bosser autant ? On se le demande !) et qui « soit-disant » était « super heureuse ». Une autre lui répondra simplement qu’il n’a qu’à bosser comme ça, que s’il tient ces propos, c’est parce qu’il ne sait pas ce que c’est.

L’émission se termine plus ou moins sur une autre partie du débat qui est plus ou moins coupée par la fin du temps de parole.

Nous avons vu quoi ? Qu’il existe manifestement des jeunes qui pensent exactement la même chose que nos aînés qui rêvent de prendre le pouvoir et de rétablir un gouvernement de Vichy !

Le jeune désormais a les cheveux bien coiffés, même s’il les a longs. Il ne porte plus de baggi, mais des jean de bonne marque avec des chemises sous un pollo coupé « V ». Le jeune donne toujours son avis et toujours sans trop savoir de quoi il parle. Mais là, au lieu de prôner des utopies, il incite à la haine de l’autre, à l’isolement, à la défection des faibles et à l’oligarchie des plus aisés (dans tous les domaines).

Ce jeune là, croyez bien, est le PREMIER assisté de France ! Ce jeune a des parents qui lui payent les études, les vêtements, le permis, la voiture et même l’appartement. Ce jeune là ne sait pas ce que c’est que l’argent, si ce n’est le chèque de papa, les billets violets de maman. Il sait que l’argent, ça se gagne, il ne sait pas encore comment, il fait des grandes écoles à plus de 5000€ l’année. Ce jeune a la coupe faite et entretenue par un coiffeur toutes les deux semaines sait combien coûte une manucure ou un I-Pod. Il sait combien coûte une BWM (mais pas une twingo) et un voyage de deux semaines aux « sta-y-ste ». Mais il ne sait pas combien coûte un appartement de 35m² de deux pièces dans une ville étudiante. Remarquez, il ne saurait même pas vous dire combien ses parents ont ACHETE leur villa ou leur T4 dans la banlieue chic de Paris. Ce jeune dit aimer les USA, parce que c’est chic et choc, mais il ne sait pas ce que c’est d’y vivre ! Ce jeune trouve louable les politiques humaines de la Chine ! Il cautionne donc le travail des enfants, les massacres et les conditions de vie insupportables !

Ce jeune sort le soir dans des bars « lounge » où il claque en moyenne par personne entre 70€ et 140€, ce jeune s’habille chez Zara, Brice etc… Ce jeune… Ce jeune… Ce jeune est celui qui fera demain de la France, un pays où les droits, la faiblesse et le social seront des valeurs censurées et vulgaires.

Ce jeune est la jeunesse du mania de la Bourse, c’est la jeunesse de la crise financière mondiale, c’est la jeunesse de la régression humanitaire. Ce jeune est la jeunesse du « marche ou crève ».

Je vous conseille donc de regarder un peu à quoi ressemble la « jeunesse dorée » d’aujourd’hui… C’est vrai qu’ils dépensent l’argent qui leur appartient et qu’ils ne sont pas du tout les parasites des fortunes familiales…

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